SORTIR  DU  CAPITALISME     par Aimé  Mollié

 

 

Monsieur Mollié, directeur de l’école de garçons de Saint Georges a formé un très grand nombre de jeunes élèves dans une vie toute entière dévouée à l’enseignement. Monsieur Mollié est né à Renage (Isère) le 10/11/1911. Après un passage à l’école normale (EN), il s’installe à Saint Georges où il enseignera plus de quarante années. Il nous a quitté en 1999, à l’aube du XXIème siècle. Lecteur assidu du Canard Enchainé, joueur aux dames et au échec, un brin érudit, il nous laisse dans l’écrit suivant, une vision d’un monde meilleur basée sur l’analyse, au combien d’actualité, d’une situation économique débridée et fort mal contrôlée.

 

Le groupe scolaire de Saint Georges honore la mémoire de ce « grognard de la république »

 

 

 

PRELUDE A L'ECONOMIE DISTRIBUTIVE

 

         1929 : La production de blé, de légumes et de fruits est telle que les prix s'effondrent.  Les agriculteurs américains sont ruinés et les cours de la bourse dégringolent à Wall Street.  La répercussion ne tarde pas à se faire sentir. En Europr : C’est aussi LA CRISE.

Les politiciens et les experts sont impuissants à la juguler. On lutte contre cette abondance qui tue le profit. On dénature le blé à l'éosine et au bleu de méthylène, on écrase les pommes de terre et les tomates au bulldozer, on arrose les artichauts, les choux-fleurs, les prunes, les  pêches au mazout, on distille du vin, on  arrache des vignes, on jette les fruits à la resserre, on arrache des  arbres fruitiers, on élargit les filets de pêche, on rejette du poisson à la mer, on brûle du café dans les locomotives, on jette du  lait aux égouts, on abat des vaches, rien n'y fait, l'abondance submerge le monde et l'on détruit de vraies richesses pendant que des gens meurent de faim.

Seule la guerre avec ses besoins énormes, ses destructions et la reconstruction qui s'en suivra permettra de lutter contre « CETTE CRISE ».

Mais la guerre accentue les progrès, et après une accalmie, en 1970 la crise remontre le bout de son nez.

Ni les politiciens, ni les économistes n'y peuvent rien et on recommence à détruire blé, légumes, fruits. On abat les vaches de nouveau, on en abat tellement que le ministre Cointa se trouve un jour devant une crise du bœuf, une vraie crise celle-là (pénurie de bœuf et l'on s'aperçoit que pour faire un bœuf il faut cinq ans, qu'il faut d'abord avoir un veau et que pour avoir un veau il faut tout de même passer par une vache. La science répare vite les bêtises des hommes : les  œstrogènes vont fabriquer des boeufs en 18 mois et on se met à manger du  bœuf aux hormones, du veau aux hormones, du  poulet aux hormones, et de plus en plus la CRISE déferle sur le MONDE.

En France ce sont d'abord les prétentieux, les  Giscards, les Barres qui se cassent la figure. Les illuminés prétendus socialistes leur succèdent et échouent lamentablement. Aujourd'hui c'est Monsieur Chirac et son équipe qui se brisent les reins. Et la CRISE triomphe de tout. Elle  sert d'excuse aux politiciens pour cacher leur incompétence.

 

Mais qu'est-ce donc que cette CRISE ?

 

Demandez à n'importe quel ministre des finances, à n'importe quel économiste de vous en donner une définition. Ils vous répondront : c'est le chômage, c'est la mévente, c'est l'inflation, c'est le désordre, c'est la violence, voire même la guerre c'est-à-dire toutes les conséquences de cette soi-disant CRISE. Comment voulez-vous qu'ils nous guérissent d'une maladie qu'ils n'ont pu diagnostiquer ? Ils ont essayé la destruction, la déflation, l'inflation, la relance, la production, la rigueur. Le dada maintenant c'est le plein emploi; pour produire quoi ?

Monsieur Seguin, dans une crise de lucidité s'est pourtant aperçu que « le plein emploi » c’est fini.

Comme solution il a trouvé de faire affranchir la correspondance pour la Sécu. Pauvres vieux, pauvres malades. Est-on gouverné par des timbrés ? Après le temps des prétentieux et des illusionnistes voici le temps des emmerdeurs. Demain viendra celui des assassins Que dis-je demain ? Nous y sommes déjà. Enfin viendra le temps de l’apocalypse qui débarrassera la terre des nabots vaniteux, égoïstes et méchants : ça fera une belle saloperie de moins ? Et tout ça pour une soi-disant crise !

Pourtant cette crise est-elle si difficile a définir ? Il suffit d’un  peu de bon sens et de bonne volonté. On peut l’expliquer en quelques courbes.

D’abord la courbe du progrès.

Admettons que l’homme soit sur terre depuis 100 000 ans (ne fait-on pas remonter Cros Magnon à 1 500 000 et l’une de ses grands-mères à 4 000 000  d’années). A 1 m/m par an nous aurions une courbe  de 100 m. Laissons aux spécialistes le soin de noter sur ces 100 m la petite dénivellation que représente l’idée du manche qui multiplie l'impact, celle du billot sur lequel on fait rouler un fardeau (prélude de la roue) puis l'apparition du feu, des métaux, du collier de trait qui a plus fait pour la suppression de l’esclavage que toutes les théories humanitaires.

II faudra arriver aux 70 derniers centimètres pour élever un peu le niveau avec la découverte de la boussole, de l'astrolabe et de l’imprimerie. Le niveau s'élève un peu mais la courbe reste a peu près horizontale il faut arriver aux 20 derniers centimètres pour qu elle se redresse un peu avec la découverte de la vapeur par Papin et sa domestication par le régulateur de WATT (1775 & 1785). Ce n'est pourtant que vers le milieu du 19e siècle qu'elle donnera sa mesure et permettra l’apparition des chemins de fer. Mais cette fois la vie de l’homme a changé. Les corporations disparaissent pour faire place à la grande usine, la grande usine où le patron ne mènera plus la vie de ses ouvriers et comprendra moins bien leurs besoins.

Ensuite c'est la découverte de l'électricité : mais il y a loin de la pile de VOLTA, de la machine WIMSHURT et de la dynamogramme à la domestication de la houille blanche par Berges. Pour moi l’électricité date de 1920, à la sortie de la guerre. Jusque là, on s'éclaire à la lampe à pétrole qu'on allume à la nuit, quand mère revient de l’usine, (en hiver) en été on suit le soleil. Jusqu'à ce moment on se chauffe, on s’éclaire, on cuit la soupe au feu de bois dans la cheminée. En 1920 on s’éclaire encore au pétrole mais la lampe n'est plus sur la table, elle jouit d une suspension.

 

Un beau jour un homme se présente à la maison :

« Monsieur Mollié on électrifie le pays, vous devriez en profiter pour vous faire installer l’électricité » Je revois ma mère protester : « Oh, Monsieur ! C’est bien trop cher pour nous ». J’étais en train d’écrire sur mon cahier en tirant la langue : « C’est dommage, regardez votre enfant qui s’abîme les yeux à écrire ; avec l’électricité il y verrait mieux pour étudier ». Mes yeux !! Ma mère avait été soignée pour une iritis sérieuse et opérée d’un glaucome, alors mes yeux ! c’était gagné : l’électricité ! Oh ! ce n'étaient pas les lampes opales, les tubes fluorescents, non, de simples ampoules de 25 bougies à filament de carbone, mais c'était déjà un émerveillement .

La troisième découverte ce fut le pétrole qui permit l'invention du moteur à explosion de FOREST.  Et ce fut l'automobile, l'avion, les bull, 1'excavatrice, etc.

La  télé nous a montré les débuts des frères Renault, les ouvriers s'affairent sur une voiture.

En Amérique, un homme a l'idée de sérier les gestes et de les faire accomplir séparément. C'est le travail à la chaîne (système Taylor). Déjà la production s'en trouve augmentée. Mais surtout avec l'électricité, des ingénieux vont trouver le moyen de faire exécuter ces gestes par des machines de plus en plus automatisées : la cybernétique est née. Alors la production va monter en flèche et devrait permettre de satisfaire tous les besoins. Hélas ! déjà cette production automatisée se passe des hommes et en fait des chômeurs sans pouvoir d'achat. C'est la période où Jacques Duboin constate : "la production croît en même temps que le chômage".

L'abondance fait son apparition dans le monde : beaucoup de blé, de légumes,  de fruits; et c'est la crise de 1929 décrite plus haut.

Et Jacques Duboin, encore lui, note cette deuxième constatation : « l'abondance tue le profit ». Désormais il va falloir choisir puisque abondance et profit ne sont plus compatibles. Ou on choisira l'abondance et il faut sortir du régime du profit impliquant concurrence et économie du marché, ou on choisira le profit, et alors il faudra détruire l'abondance sans considérer la satisfaction des besoins. C'est cette deuxième solution qu'on a choisie. Seulement détruire blé, fruits et légumes ne suffit plus. Il faut aussi détruire tout ce qui ne peut se vendre, faute de pouvoir d'achat.

Une seule solution pour cela : la guerre. Elle détruit en grand : matériel et produits. Les chômeurs sont au front; on les arme, les nourrit, les habille et les promène gratuitement; on leur fournit automitrailleuses, tanks, avions, essence, mais c'est pour tuer.

Ce qu'on n'a pas pu distribuer en temps de paix, on le distribue en temps de guerre, mais ce n'est pas pour le bien être, c'est pour le malheur des hommes (Gugenheim avait savoureusement exposé ça à la radio en 194.  ???). Quand on a suffisamment tué, détruit, anéanti, il faut guérir, soigner, réparer, reconstruire, repartir sur d'autres bases. Plus de chômage : il y a du travail pour tous, même pour les femmes qu'on a déjà utilisées pendant la  guerre, dans les usines d’armement et partout pour remplacer les hommes soldats. Pour fournir aux armées tout le nécessaire et vite, on a dû mécaniser, automatiser, rationaliser la production. Aussi, la période d'or d'après la guerre dont rêve Monsieur Seguin, la période où il y a du travail pour tous ne va pas durer longtemps. Déjà l'énergie atomique a fait son apparition sous forme de bombe (est-ce un progrès ou une malédiction ?).

Le progrès ne s'arrête pas : voici l'électronique (la courbe se redresse), l'informatique (elle monte de plus en plus), la bureautique, la robotique, la productique (la courbe se rapproche de la verticale). Et  la science jette sur le marché une production de plus en plus abondante et de plus en plus sophistiquée : télévision, magnétoscope, laser, scanner, imageur, lithotripteur, prothèse ; on pratique la greffe d'organes importants, on remplace les cristallins par des implants, on étudie la soudure des fibres nerveuses, on peut reproduire en quantité des plantes absolument semblables (des  clones). Osera-t-on les clones humains ? (Que deviendrait la jalousie ?).

La science met à la disposition de l'homme de  quoi satisfaire tous ses besoins. L'abondance est revenue. Mais l'homme n'est pas sorti de son régime de marché et les mêmes causes produisant les mêmes effets : tout recommence.

La concurrence s'exacerbe. C'est une lutte économique impitoyable et les destructions. On veut faire l'Europe, c'est-à-dire faire coopérer des gens qui vivent dans un régime basé sur la concurrence, ce qui est impossible (c'est marier la chèvre et le chou). Alors, on réalisa l'Europe du profit qui va dépenser 20 milliards pour détruire 1 600 000 kg de beurre et 600 000 tonnes de viande bovine pendant que es gens meurent de faim. Même l'abbé Pierre et Sœur Emmanuelle se sont offusqués. Hélas, ils ont découvert que la charité n'est pas une solution. Faudra-t-il recommencer une guerre qui serait la fin du monde ? Pourquoi cette folie ? Comment l'expliquer ?

Examinons notre deuxième courbe explicative : celle du travail

Pour cette courbe du travail, revenons seulement à la fin du Moyen Age. C'est l'époque des corporations. Un patron travaille avec ses ouvriers et vit avec eux, comme eux. On suit le soleil et en été les journées sont longues, 15 h pour produire la même marchandise. C'est fatigant. Heureusement il y a les dimanches et les fêtes corporatives.

La vapeur amène la grande usine avec heure d'entrée et de sortie. 12 h. Il faut en arriver au système Taylor pour que  l'accroissement s'intensifie et c'est l'époque (1920-25) où j'entends réclamer la journée de 8 h par les syndicats.

1936 et le triomphe du front populaire amènent la semaine de 40 h et les congés payés. Pas suffisant pour juguler le chômage : les socialistes n'osent pas sortir du capitalisme. Je me rappelle les discours de Léon Blum avant 36, j'en dansais devant mon poste : le socialisme c'était la panacée. Son premier discours après les élections : « le capitalisme peut encore fournir une longue course, nous ne sommes pas ici pour le liquider ». Je ne pus m'empêcher de hurler devant mon poste « salaud »; il fallait le dire avant, il va donner raison à Tixier-Vignancours et nous amener la guerre. J'étais gelé mais n'y croyais pas quand même. La guerre : c'eût été tellement absurde. C'est pourtant elle qui arrive avec les conséquences que l'on sait. Si elle tue et détruit, elle oblige la production, qui doit remplacer les travailleurs, à s'automatiser de plus en plus et les chercheurs à trouver toujours des moyens de lutte plus efficaces. On aboutit à la bombe atomique.

Les nécessités de la reconstruction vont encore accélérer l'automation et les ruines relevées, le chômage reparaît, avec l'abondance.

- électronique : la courbe du travail s'infléchit,

- informatique : la courbe descend encore,

- bureautique  : le chômage touche les cols blancs,

- robotique      : la courbe dégringole 'et se rapproche du zéro,

-productique    : le chômage devient insupportable et  déstabilise l’économie.

La concurrence s'exaspère et la lutte économique devient féroce et amène les hommes à se combattre au lieu de collaborer. Pour obtenir des prix compétitifs, les entreprises modernisent et, dégraissent mais le  progrès va si vite qu'une usine est démodée avant d'être  amortie. Dans  les usines on licencie et les ouvriers qui ont encore un peu de travail s'accrochent désespérément à leur boulot.

 

L’égoïsme devient la règle. On chercher à conserver sa situation et on abandonne les luttes syndicales. Les syndicats eux-mêmes font fausse route et refusent de discuter des vrais problèmes qui mèneraient à une solution globale valable pour tous. Syndicalistes, politiciens, économistes, socialistes et communistes, pacifistes et écologistes refusent d’envisager autre chose et se cantonnent dans un capitalisme qui fait jouer le progrès contre l’homme et ne fait plus que des perdants. Car même les riches sont perdants. Si, sur le plan financier, ils amassent des fortunes, sur le plan humain ils peuvent être et certains le sont, victimes de la violence, du désespoir qui engendrent le terrorisme de la guerre qui devient la seule solution.

 

Tous les crédits sont affectés à la préparation de cette guerre, car la fabrication des armements est devenue la dernière trouvaille pour lutter contre le chômage. Armements pour défendre la patrie ? NON, armement qu’on vend à l’étranger au risque qu’un jour il nous retombe sur la figure. Est-il vrai que dans l’exocet qui a coulé un navire anglais aux Malouines il y avait des mécanismes fabriqués en Angleterre ? N’est-ce pas donner des verges pour se faire fouetter ?

 

         Sans remonter bien loin, c'est Michel Debré qui vend des armements aux arabes et des vedettes rapides à Israël. La France, très impartiale vend des armes à l’Inde et au Bangladesh, Hernu à l’Iran et à l’Irak ?  N’avoue-t-il pas « si la guerre cessait entre ces deux pays ce serait une catastrophe économique pour nous ». Et Lionel Jospin interrogé sur la fabrication et la vente des armes avoue lors de la dernière campagne électorale : » on ne peut quand même pas se priver d’une industrie qui nous sert à équilibrer notre commerce extérieur ».

 

Sont perdants tous ceux qu'on tue pour les voler (un industriel et son fils qui se font descendre en mettant en fuite les voleurs), ceux qu on assassine pour règlement de compte, ceux qui sont victimes d un terrorisme désespéré et parfois de pauvres bougres qui se font tuer dans l'attaque de banques ou de grands magasins. Les journaux sont remplis de violence semblables : l’affaire Legal, Hans Schleyer, général Audran et tant d’autres. Certains sont plus chanceux : le baron Empain s’en tire avec une phalange et le fils d’un bijoutier milanais avec une oreille en moins.

Sont perdants aussi tous les malades qu'on aurait pu sauver en accordant à la recherche les crédits cédés à la guerre. Un exemple Monsieur Pompidou : De Gaulle va le tirer de l’écurie Rotschild pour en faire un Premier Ministre, c’est un gagneur. Crachant dans la main de celui qui l’a sorti de l’ombre il se présente à la présidence de la République et prend sa place. En temps que ministre puis que Président, rien pour la lutte contre le cancer, rien pour la recherche médicale, ou si peu. On fait la quête. On s’en remet à la charité publique de soin de pallier les carences gouvernementales.

Un jour, j’entends à la Télé : »Monsieur Pompidou vient de mourir », or vingt minutes avant sur la même chaîne c’est Louis Velle de « la Demoiselle d’Avignon » et du permis de conduire qui venait de nous adjurer : « Il faut donner pour la lutte contre le cancer afin de permettre aux savants de continuer leurs recherches ». Je ne sais si d’autres ont retenu l’information et ont vu comme moi dans cette coïncidence le doigt de la justice immanente, mais je n’ai pas pu m’empêcher de dire à ma femme : « le pauvre Pompom (il avait mon âge et c'est toujours triste de voir mourir un être) il est vachement puni par où il a pêché ». Certains vont dire : «  On aurait encouragé la recherche, on aurait peut-être trouvé le remède », mais qui sait ?

On en est là encore aujourd'hui; ce n'est plus que le cancer c'est aussi le sida. Dernier slogan répercuté par Yves Montand : « si... si... si... on ne lutte pas contre le sida avec des si, on vaincra le sida avec des sous ». Et personne pour répondre : « Or ne vaincra pas le sida avec des sous, on le vaincra avec des laboratoires, des chercheurs, des savants ». Des savants qui ne chercheront pas leur  profit et leur gloire personnelle mais qui feront part de leurs découvertes et se consulteront pour agir en commun et découvrir plus vite le remède.

Peut-être pour en arriver là, faudrait-il sortir de ce capitalisme qui se bloque parce qu'il tourne à l'envers. On met l'argent au départ et il paralyse tout; si on le mettait à l'arrivée, tout  le monde serait à l'aise et on vivrait vite dans l'opulence. Serait-ce si difficile de comprendre que le régime actuel nous mène à la catastrophe ? Chercher une autre solution ? Pourquoi ? Il y a plus de 50 ans que Duboin l'a préconisée, pourquoi fait-on le silence sur elle ? Pourquoi la presse, la télé, la radio l'étouffent-elle systématiquement ? Si nous étions en démocratie, le peuple serait informé et pourrait choisir et décider, mais comment décider si toutes les solutions ne sont pas exposées ? Le premier volet de la  démocratie ce n'est pas le suffrage universel, c'est  l'information. Si celle-ci n'est pas diffusée, les gens se prononcent sans savoir et le suffrage universel devient un attrape nigauds.

Examinons maintenant ces deux courbes

Candide regardant ces deux courbes va se frotter les mains. « Bravo, on va pouvoir se soigner, vivre dans l'abondance, dans le confort, voire dans le luxe, pour ceux que ça intéresse et tout ce sans s'éreinter à travailler comme des forçats puisque ce sont les machines qui font le travail ! ».

Voici l'âge d'or; les hommes vont avoir moins de peine, ils vont pouvoir se reposer,  se distraire, se cultiver, s'épanouir, vivre. Ils vont pouvoir aller à la mer, à la montagne, à la  bibliothèque, au théâtre, au cinéma, jouer aux cartes, aux échecs, aux dames, etc. ou faire  du sport (foot, natation, etc.) ou simplement accorder plus de temps à une compagne reposée, sans s'entendre répondre par une  femme harassée : « Oh ! mais qu'est-ce que tu veux encore ce soir ? C'est pas samedi aujourd'hui » comme dans le film « elle court la banlieue ». Alors peut-être viendra le temps de la tolérance et de la compréhension.

C'est à ce moment merveilleux que les producteurs, les économistes, les experts, les syndicalistes se mettent à hurler : « c'est la crise ».

LA  CRISE  ? Pourquoi ? N'y a-t-il pas de quoi satisfaire  les besoins ? C'est que cette courbe du travail c'est aussi la courbe du pouvoir d'achat, et il se produit ce fait aberrant : au moment où le progrès permet à la production de satisfaire tous les besoins, cette production  ne distribue plus le pouvoir d'achat qui permettait aux hommes (chômeurs) de la consommer.

Le moment est venu de choisir; abondance ou profit : l’un excluant l'autre. C'est le moment où Duboin expose sa  troisième constatation : le chômeur ruine le commerçant qui ne peut vendre

Le commerçant ruine le producteur qui n'a plus de raison de produire, le producteur essaie de se mettre au niveau du Pouvoir d’Achat solvable. Pour baisser les prix, il remplace ses ouvriers par des machines et les ouvriers renvoyés vont rejoindre les chômeurs. On pourrait terminer : «  et le cercle est bouclé ». Mais ces licenciés s’ajoutent aux autres chômeurs  et en grossissent le nombre. Ce n’est plus un cercle vicieux : c'est une spirale Vous savez comment se trace une spirale, prenons seulement une spirale à deux centres.

 

II est facile de cette spirale de calculer les diamètres et les courbes tant quelle reste régulière, mais si elle s’excentre il devient impossible de rien calculer   C'est ce qui se produit en économie et c’est pourquoi experts et politiciens ne savent plus où ils en sont et se trompent régulièrement, incapables qu'ils sont de prévoir les fluctuations de la situation qui va empirer de plus en plus vite. L'abondance déjoue tous les pronostics, défie tous les économistes. Les politiciens en sont réduits aux promesses vagues et refusent de répondre aux questions simples et précises : ils noient le poisson. Aucun d’eux ne sait où il va, tant à droite qu’à gauche. Certains comme Monsieur Seguin ont le culot d’affirmer qu’il n’y a pas d’autre politique, ce qui signifie tout simplement que Monsieur Seguin s’avoue incapable de concevoir un autre système que le système imbécile dans lequel nous vivons ? A qui fera-t-on croire que refuser la satisfaction des besoins élémentaires aux déshérités, alors qu'on paye pour détruire la marchandise qui nous submerge est une chose intelligente et qu'il n'y a rien d’autre à faire ?

Examinons un peu nos courbes et tirons les  conclusions.

 

 

La première : la courbe du progrès se redresse de plus en  plus, elle tend vers l'infini.

La deuxième : celle du travail s'infléchit de plus en plus et tend vers ZERO. Ces deux courbes sont liées l'une à l'autre. La courbe du travail est dépendante de la courbe du progrès : plus, la 1ère s'élève plus l'autre chute. Elles appartiennent à deux fonctions qui évoluent en sens inverse et personne n'y peut rien.

La première entraîne la courbe de la production. Pourquoi en ce moment cette troisième courbe stagne-t-elle ? C'est parce que la courbe du travail entraîne avec elle la courbe du Pouvoir d'Achat. Il se  produit que ce Pouvoir d'Achat ne permet plus d'absorber toute  la production qui s'étiole.

Définissons la crise : C’est la divergence des courbes progrès production, et travail Pouvoir d'Achat. Il est facile de voir que cette divergence va s'accentuant et que la crise va empirer avec le temps qui joue contre tous les gouvernements du monde. Traçons sur cette courbe la divergence Giscard-Chirac, puis  Giscard-Barre puis Miterrand-Mauroy-Delors, puis Miterrand-Fabius-Beregovoy et enfin Chirac-Balladur. On voit que Barre et le socialisme qui nous avait promis le bien-être nous parle de rigueur. Beregovoy a eu encore plus de problèmes que Delors. Il en a été réduit à clamer lors de la campagne électorale : « Moi aussi, je suis pour le profit, moi aussi, je suis pour la concurrence ».  C'est-à-dire qu'il est pour les deux choses qui caractérisent le capitalisme et que le socialisme se doit d'abattre en priorité. Qu'est-ce qu'un tel ministre fait dans un parti qui se prétend socialiste !  Monsieur Balladur lui, en est réduit à brader les biens de tout le monde en France, en privatisant les sociétés après avoir fait baisser les actions sur le marché (voir Canard Enchaîné). Le plus grave c'est qu'il trouve 3 millions de complices pour profiter de cette escroquerie.  Ça ne sauvera pas  le système. Mais demain ???

L'économie distributive : en examinant nos courbes, on voit qu'il faudrait pour juguler la crise, que la courbe du Pouvoir d'Achat accompagne et détermine et commande la Production qui repartirait très vite vers les sommets. Comme les deux autres courbes sont intangibles, il faut absolument décoller le Pouvoir d'Achat du travail fourni et faire coïncider Pouvoir d'Achat et production, ne plus rémunérer selon le travail mais  selon la marchandise à consommer. Mais  comment rémunérer? Impossible avec la monnaie capitaliste. Il faut poser alors le problème de l'argent.

Qu’est-ce que l'argent ?

On l'a défini comme une représentation de richesse mais il la détruit, un moyen d'échanges ? Mais il les paralyse.

Alors à quoi est-il utile ?

- Pas au travail : on licencie. Et les travaux utiles restent en plan (recherche, incendie de forêts),

- Pas à la production : elle stagne et réclame des investissements que les banques n'accordent que si elles y trouvent profit (industrie des bateaux de plaisance).

L'argent n'est donc ni un stimulant du travail, ni un stimulant de la production, ni un moyen d'échange (ce qu'il devrait être) ni une représentation de richesse. ALORS QUOI ? Une unité de compte ? Mais le caractère d'une unité c'est d'être stable et d'avoir une définition. Qui veut donner une définition de l'argent ? Personne. Alors quel devrait être le rôle de l'argent ?

Ce seul rôle c'est de permettre le passage de la production à la consommation. Or la monnaie capitaliste pour conserver son  privilège du profit, détruit la marchandise et on paye pour ça. C'est-à-dire que la monnaie détruit ce qui lui donne sa valeur, ce qui la gage, ce qui la valorise. C'est le geste le plus suicidaire qu'on puisse imaginer : c'est comme si assis sur une branche vous vous mettiez à scier cette branche entre vous et le tronc ? Vous allez vous casser la figure : c’est ce qui va arriver.

Pour éviter cela, un seul moyen : remettre en cause l'argent tel qu'il est en ce moment. On peut gager l'argent sur la production et le distribuer équitablement à tous pour que tous puissent profiter de cette production. Ainsi on permet à l'argent de jouer son rôle de moyen d'échange logique. Alors il permettrait de jouir de la production et de la diriger selon les achats de telle ou telle marchandise.  En régime capitaliste tout le monde voudrait vendre sans distribuer de Pouvoir d'Achat ce qui est impossible. Avec une monnaie de consommation il n'y aurait plus de barrière entre production et consommateur.

La monnaie de consommation : Comme elle doit faire passer la production à la consommation, elle doit être gagée sur la production. Lorsque la production a été achetée, la monnaie représentant cette production ne représente plus rien et doit être annulée pour éviter l'inflation.

Comment la répartir puisqu'elle ne rétribue plus le travail ? Il faut la distribuer à tous.

Comment ?

Pratiquement : un enfant vient de naître, vous le déclarez à la mairie qui le déclare au trésor qui lui ouvre un compte chèque. Ce compte chèque sera crédité chaque mois ou trimestre du revenu social de sa catégorie. Pour utiliser cet argent, on pourra généraliser le paiement par chèque. Pour les petits achats journaliers, le consommateur, au lieu d'aller à la banque ou à la poste retirer des billets anonymes, se rendra dans sa commune à l'office de la monnaie qui  lui remettra contre un chèque, de la monnaie timbre qui, avec les moyens dont nous disposons peut être personnalisée, c'est-à-dire porter son nom, son adresse et sa photo, si bien que s'il la perd on peut la lui rapporter et que, si on la lui vole, le voleur ne peut  l'utiliser.

Voilà qui mettrait fin au gangstérisme et réglerait à l'endroit le problème des prisons : faire diminuer le nombre des gangsters au lieu d'augmenter celui des prisons.

Comment utiliser cette monnaie timbre ? Vous allez par exemple chez le boucher et achetez 80 F de viande.  Vous remettez ces 80 F au boucher qui les colle sur son registre des  sorties.

Ce registre rempli lui servira de pièce justificative pour se réapprovisionner à l'abattoir. Naturellement vous signez cette monnaie collée ce qui signifie : « j'ai reçu la viande correspondant à cette somme » et le boucher tamponne cette monnaie de son timbre annulé.  La monnaie a joué son rôle et ne sera pas remise en circulation, ni réutilisée : pas d'inflation.

Avantages de cette monnaie de consommation.

1°) elle permet de satisfaire tous les besoins pressants, immédiatement et à brève échéance, mène le monde au bien-être

2°) elle permet d'accélérer la recherche et certaines maladies seraient plus vite vaincues,

3°) elle supprimerait des rancœurs et des jalousies d'intérêts et la confiance et la tolérance entre les hommes délivrés de la concurrence amènerait le monde à plus de courtoisie,

4°) elle simplifierait la vie. Les problèmes financiers seraient réglés. Plus d'impôts, plus de déficit de sécurité sociale, de caisses de retraites, d'assurances, de paperasseries (on n'aurait même plus besoin d'affranchir le courrier) plus de banques, de  spéculations. Tout ce qui est matériellement possible serait réalisable et on  n'entendrait plus « c'est trop cher pour être exécuté ».

5°) enfin la vie s'orienterait (les besoins élémentaires satisfaits) vers la qualité, le beau, l'esprit. On ne tricherait plus pour s'enrichir (ce  serait la fin du bœuf aux hormones et de  la  cuisine bâclée),

6°) bien sûr, le monde sorti de la concurrence, la paix régnerait enfin et on ne fabriquerait plus d'armes pour donner du travail aux ouvriers,

7°) elle permettrait de réduire considérablement le temps de travail.  Nous en sommes 39 h/semaine. Les 35 h promises ne sont pas acquises. Et pourtant, même ces 35 h seraient beaucoup trop pour que le chômage soit résorbé.

Un spécialiste comme Aznar conclut après étude : « tous à mi-temps » (voir son livre : Tous à mi-temps) ce qui ferait 20 h par semaine.

Le groupe Adret écrit un fascicule : "Travailler 2 h par jour" ce qui, même en comptant le dimanche ferait 14 h par semaine. Ces 14 h pourraient se répartir en 2 journées de 7 h ou 4 matinées de 3 h ½  au choix. Or, ce fascicule date au moins de 1980. Depuis l'automation s'est développée et on en serait peut-être 10 ou 12 h par semaine.

Si on tient compte de tous les travaux inutiles (banques, sécu, assurances, retraites, bourses) et de tous les travaux nuisibles (armements) on peut deviner qu'un travail bien réparti et accepté par chacun dans la branche qui lui convient permettrait des loisirs abondants pour tous, des loisirs qui iraient croissant avec le progrès des techniques.

Ne serait-ce pas mieux que d'occuper des travailleurs à des travaux que souvent ils n'aiment pas parce qu'ils ne les ont pas choisis.

On peut rétorquer que certains métiers réclament une formation spéciale qui souvent n'est pas donnée parce que les écoles manquent de professeurs et de  matériel. Il  y a encore en 1987 des classes surchargées, des maîtres pas remplacés et Monsieur Monory en est à chercher des instituteurs.

Inconvénients -

1°) La répartition : Comment allez-vous répartir cette monnaie ?

Le revenu social sera égal pour tous :

- un revenu social enfant

- un revenu social adultes handicapés compris.

Certains vont penser : Mais alors les savants, les supers intelligents, les métiers dangereux ou insalubres seront au niveau des autres ?

Pour les métiers dangereux ou insalubres, on peut aller de préférence vers une réduction du temps de travail (à débattre avec les syndicats). Quant aux grands savants, aux grands chirurgiens, on mettra à leur disposition tout ce que la science et la technique permettront. Ces gens là doivent être débarrassés de tout souci matériel (logement, transport, vie domestique, vacances, repos). Le matériel de recherche leur étant fabriqué sur commande, selon leurs plans ou leurs idées.

Et  puis l'abondance apparaissant très vite et le revenu social augmentant, les gens feront de moins en moins attention à l'argent

Les denrées suffisamment abondantes seront mises gratuitement à la consommation et ne donneront plus lieu à émission de monnaie.

Remarquons que les gens se disputent dans la rareté, mais dans l’abondance tout devient facile. Pourrait-on nous faire croire que la caractéristique de l'élite, c'est d'être cupide et intéressée, et que la richesse financière ne sert qu'à satisfaire vanités ou ambitions inavouables ? Et pour cela, faudrait-il maintenir le monde dans un système qui ne fait plus que des perdants et en fera de plus en plus ?

2°) Le système comptable : La monnaie de consommation oblige à maintenir un système comptable bien sûr, mais il sera bien moins compliqué que le capitalisme et beaucoup plus logique. Et puis cette économie distributive socialiste avec monnaie de consommation nous mène inexorablement à l'économie distributive communiste sans monnaie, quand l’abondance généralisée aura amené la gratuité généralisée sans émission de monnaie.

3°) L'affectivité : II est bien certain que l'économie distributive ne peut régler les problèmes d'attirance ou de répulsion des êtres. L’amour ne peut ni se forcer ni s'empêcher. L'éducation amènera-t-elle la tolérance, la compréhension des besoins de l'autre de ses désirs, de ses appétits ? Mais comment ces désirs, appétits et besoins se satisfont-ils dans le système capitaliste ? Par  l'argent. Payer pour de l'amour, aimer pour de l'argent ? N'est-ce pas une atroce vénalité ?

Remettre le monde à l'endroit ? Sortir du capitalisme. Le capitalisme est un système qui se bloque parce qu'il tourne à l'envers. On met l’argent au départ et il bloque tout.

Il faut le mettre à l'arrivée.

Dans le système, le ministère qui règle tout, qui autorise ou défend ceci ou cela, c'est le ministère des finances. C'est de lui que tout le monde dépend. Dans un système logique, le ministère important dont les indications seraient prépondérantes serait celui de la santé, de l'hygiène, de la recherche et de l'éducation.

Les médecins, les chercheurs, les savants rechercheraient ce qui est bon pour l'homme (l'indispensable, le nécessaire, l'utile. et l'agréable) et ce qui est mauvais (le nuisible, le toxique, le dangereux, le mortel, le catastrophique : l’alcool, le tabac, la drogue, certains engrais, pesticides, fongicides, le nucléaire, etc..).

Ce ministère conseillerait au ministère de la production (agriculture, industrie, transports) d'accélérer la production des bonnes choses et de freiner les mauvaises.

La production effectuée, ce ministère en calculerait la  valeur en heures de travail). Il garderait pour les services de l'Etat. Tout ce qui est nécessaire, par  exemple les bus Berliet pour les transports qui  deviendraient gratuits. Les chaux et ciments pour construire, labos, écoles, hôpitaux, asiles, salles de sport, piscines, salles de jeux, bibliothèques, etc. indispensables dans chaque commune.

 

Les remèdes  qui deviendraient gratuits pour les malades, le papier pour les livres et cahiers d'écoliers.

Le restant à distribuer évalué en heures de travail, ou en quantité (produits agricoles) serait présenté au ministère des  finances chargé de la répartition qui créditerait les comptes du revenu social de chacun, d'où plus besoin d'impôts, de banques : les percepteurs au lieu de vous réclamer de l'argent deviendraient répartiteurs.

Ainsi tout serait logique, agréable. L'homme ne vivrait plus pour gagner de l'argent, ne travaillerait plus pour de l'argent et trouverait la joie de vivre dans une vie de travail agréable et consenti, de loisirs multipliés.

Les moyens d'action : Désormais l'homme n'a plus le choix, ou il s'entête dans un régime qui le mène à la catastrophe, ou il s'installe dans une économie distributive qui lui assure le bien-être matériel et la sécurité dans la paix. (Le bonheur c'est une autre affaire).

La politique : Si les politiciens avaient été de bonne foi,  au lieu de se quereller et de rechercher leur réélection, ils se seraient documentés et auraient facilement résolu le problème. Tous ont échoué et les socialistes sont passés à côté du véritable socialisme. Peut-on encore espérer quelque chose de la politique ? Le désintéressement, voire le dégoût des électeurs peuvent faire douter de l'espoir. Peut-être est-ce tout le système parlementaire qui est en cause, faute de démocratie. Les incapables et les impuissants ont seuls la parole mais ils ne savent pas où il vont (voir l'interview de Monsieur Seguin au Dauphiné Libéré).

Le syndicalisme : Les syndicalistes, comme les politiciens, n'ont pas compris le problème. Chaque syndicat lutte pour une amélioration particulière réclamée par ses adhérents, au lieu de rechercher une solution globale. Les syndiqués réclament de meilleures conditions de travail et des augmentations de salaires, sans se rendre compte qu'en réclamant de l'argent ils se mettent dans les mains de ceux qui  détiennent cet argent, qui le fabriquent, qui le manipulent, c'est-à-dire les banques, la haute finance et les organismes de crédit. Les pauvres travailleurs ne peuvent améliorer leur sort au sein d'un régime qui se détériore de plus en plus.

Les patrons répondent : « si nous augmentons les salaires, nous n'avons plus de prix compétitifs et sommes battus par nos concurrents. Ne vendant pas, nous devrons fermer nos portes ».

Imaginons que les travailleurs lassés proposent aux patrons : « Ce sont nos salaires qui mettent la pagaille ? Alors nous allons cesser de vous réclamer des augmentations. Nous allons faire mieux, nous allons vous demander une diminution de nos salaires et pour ne pas faire les choses à moitié ce n'est pas 10, 20 ou 50 % de diminution que nous vous offrons, mais 100%. Ce qui veut dire que nous acceptons de travailler gratuitement pour fabriquer les choses indispensables, nécessaires, utiles et agréables aux hommes et celles-là seulement. Naturellement les prix vont tomber à ZERO. Il n'y aura plus qu'à distribuer équitablement des  marchandises que nous produirons en grande  quantité quand nous ne serons plus étranglés par le carcan de l'argent. La distribution sera facile, nous l'organiserons nous-mêmes : il n'y aura plus besoin de monnaie et votre argent, vous pouvez vous le foutre...... ».

Alors serait réalisée une économie distributive communiste immédiate sautant la phase socialiste qui l'aurait amenée inexorablement.

Et pour réaliser cela ? Les vieux politiciens ou dirigeants syndicalistes n'on rien compris ou ont eu peur. C'est sur les jeunes, leur dynamisme, leur courage, leur ardeur qu'il faut compter. C'est eux qui doivent prendre en mains le monde de demain, leur monde qui sera pour eux ce qu'ils feront.

Tout le monde parle de la jeunesse. Le moment est venu de larguer les vieux bonzes. Ils ont besoin de se reposer. Qu'on les mette au vert, même avec des médailles si ça leur fait plaisir, mais qu'on ne les laisse plus décider pour demain.

Dernières notes : La crise boursière de l'automne 1987.

Les lundis noirs : Ce lundi noir, les cotes s'effondrent en bourses et Monsieur Balladur a beau prêcher le calme, la dégringolade s'intensifie. Les experts ne savent que penser et se demandent où s'arrêtera cette crise boursière. On veut rassembler les grands argentiers pour discuter d'une entente monétaire entre les nations et Monsieur Mitterrand s'aperçoit que le système ne fonctionne plus. Malheureusement il n'a rien de précis à proposer pour en changer.

Remarquons

1°) Qu'avec une monnaie représentant une production, cette crise n'aurait pu éclater.

2°) Que les grands argentiers ne s'entendront que sur une monnaie capitaliste favorable à leurs intérêts, ce qui peut permettre de stopper la crise un moment, mais cette crise repartira tant que l'argent ne sera qu'un moyen entre les mains des banques et qu'il ne représentera rien de tangible pour le valoriser réellement.

Les deux formes de l'économie distributive

I- La forme socialiste : Elle consiste, au lieu de sacrifier l’homme a  ’argent, à mettre cet argent au service de l'homme,

II est étonnant que les savants, les philosophes, les soit disant économistes distingués n'aient pas vu ou voulu voir cette solution. Ça ne fait que 50 ans que Duboin l'a présentée. Pourquoi dans un pays prétendu démocratique, la radio, la télé et la presse n'en ont elles pas  arlé ? Pourquoi les journalistes s'acharnent-ils à poser tous les faux problèmes au lieu d'aborder le véritable ?

Réfléchir à ce qu'est l'argent. Son seul rôle c'est de permettre à la consommation d'acheter la production. La seule chose qui valorise l’argent, le justifie, le gage, c'est la marchandise qu'il permet d’acheter. Or, il la détruit et donc ne joue plus son rôle. Une monnaie de consommation gagée par le production et annulée à l'achat permettrait la vie en supprimant les métiers inutiles (transferts d argent) et permettrait en partageant le travail, de mener le monde à l’ère des loisirs.

II  - La forme communiste. : C’est la distribution des  richesses produites par l'organisation de la prise au tas directe sans argent

Elle commence par la grève distributive : les travailleurs au lieu de cesser le travail, poussent la production et la distribuent selon les besoins. Naturellement ce sont les travailleurs qui par une action coordonnée et une entente acceptée peuvent l'instaurer. Ceci au cas où les politiciens continueraient à s'enferrer dans le capitalisme.