Le chemin de CORNEUZ

Le chemin de CORNEUZ est un des plus vieux chemin de notre village.

Il est mentionné dans l'acte de vente de la Grange de Péranche, en 1250, dont il est la limite sud.

Il relie l'église de Oytier à celle de Charantonnay tout en évitant le village de St Georges. De Oytier, il passe par la Grand'Maison, puis à la Croix Noire, suit l'actuelle rue des Alpes et se divise à la Madone.

A cet endroit deux possibilités, le chemin passait-il aux Ayes ou prenait-il le chemin des Dames pour descendre vers l' Amballon et Charantonnay?

Le nom de ce chemin est encore vivant de nos jours, l'usine Chabroud dénommëe "Les Cornes" en rappelle le souvenir.

Notons aussi que les Ayes, froides et ventées, est un nom donné sans doute, par les moines Cisterciens à ce lieu, en souvenir de l'Abbaye savoyarde (et aussi cistercienne) des Ayes fondée vers l'an 1000, au-dessus d'Albertville (Savoie)

On peut voir dans le chemin de CORNEUZ un moyen de rejoindre depuis Vienne, Oytier et Charantonnay, et de là Beauvoir de Marc sans passer par le village de St Georges et de ce fait on peut on peut penser qu'il est antérieur aux moines qui, en créant et développant la Grange de Péranche, l'ont réhabilité. Il date sans doute du temps des Romains.

Beauvoir de Marc (ou Bello Videre) est considéré à l'époque romaine, comme une station estivale pour les gens aisés de Vienne qui, l'été fuient les puanteurs de la ville. Pour aller de Vienne à Beauvoir de Marc, il est peut être plus facile de prendre la grande voie romaine Vienne - Bourgoin -Turin et de bifurquer après la huitième borne (Oytier) à la Grand'Maison, pour prendre le chemin de CORNEUZ. On évite ainsi les plaines trop boisées et marécageuses pour se tenir sur les crêtes de nos collines. C'est une caractéristique des vois romaines qui, généralement s'installent sur les croupes des collines qui sont à cette époque les lieux les moins boisés et les plus secs.

Sans doute à l'époque romaine, le chemin continuait par le Revoireau pour traverser au plus vite la plaine en face de Beauvoir de Marc.

Vers l'an mille, la féodalité experte en péage conduit les moines à rester sur leurs terres et à éviter St Georges.

De ces quelques remarques, nous pouvons aussi envisager que c'est par le chemin de Corneuz que les premiers fondateurs de St Georges sont arrivés. A la chute de l'Empire romain, quand barbares et pillards sarrasins ravagent le pays; se mettre à l'abri c'est fuir Vienne par les routes qui existent. Si l'on est dépositaire des reliques de Georges, évêque de Vienne mort en 677, et que l'on s'arrête au bord d'un vieux chemin, près d'un lieu facile à défendre (Le Fond de Ville), nous avons là tout ce qu'il faut pour fonder un village!